On a longtemps supposé que les jeunes générations avaient tourné le dos à l’impression. L’étude Quocirca Future of Work 2030 — menée auprès de 800 décideurs IT et travailleurs — vient contredire cette idée reçue. La génération Z valorise l’impression davantage que ses aînés. Une donnée qui mérite d’être lue à la lumière du marché français.
Un renversement de perspective inattendu

L’étude Quocirca révèle un paradoxe. En effet, les travailleurs les plus jeunes (18-34 ans) accordent le plus de valeur à l’impression dans le contexte professionnel. 27 % d’entre eux estiment que l’impression sera très importante pour leur entreprise à l’horizon 2030, contre seulement 20 % des plus de 45 ans.
Ce résultat contre-intuitif s’explique par une nuance essentielle. La génération Z n’est pas anti-numérique — elle est native du numérique. Et c’est précisément parce qu’elle baigne dans le tout-digital qu’elle perçoit avec acuité la valeur du support physique, utilisé à bon escient.
La renaissance du vinyle, le succès du livre papier amplifié par les communautés BookTok, le retour des fanzines et des magazines artisanaux… Autant de signaux culturels qui montrent que la génération Z sait alterner les médias selon leurs forces respectives. De fait, dans un monde saturé de contenus numériques, le support physique devient un marqueur de confiance, d’authenticité et d’attention.
Les impacts pour le lieu de travail
Cette préférence se traduit concrètement dans les pratiques professionnelles. Les jeunes travailleurs adoptent une logique hybride :
- Le numérique pour la rapidité et la collaboration à distance,
- Le support physique pour les contenus à forte valeur (contrats, rapports, présentations à impact, supports de formation).

Ainsi, ils utilisent l’impression avec intention, pas par habitude.
Les seniors, quant à eux, tendent à percevoir l’impression comme un héritage de leurs pratiques passées — et cherchent à s’en affranchir. Ironie du calendrier : ce sont les plus jeunes qui portent le mieux le plaidoyer en faveur du print dans les entreprises.
Par ailleurs, la génération Z est plus exigeante vis-à-vis des équipements de bureau. Elle attend des MFP ce qu’elle attend de tout outil : une expérience fluide, intuitive, connectée.
Pour preuve, 35 % des 18-34 ans considèrent que la fonctionnalité IA la plus utile dans un MFP serait un assistant capable de recommander des mises en page ou de synthétiser des documents. Ils sont seulement 22 % chez les plus de 45 ans.
Le contexte français : une culture du papier ancrée
En France, la question générationnelle et l’impression s’inscrivent dans un contexte culturel particulier.
Tout d’abord, la culture administrative française reste fortement attachée au document papier : contrats, actes notariés, bulletins de salaire, formulaires officiels… Même avec la montée en puissance de la facture électronique et de la dématérialisation (dont la transposition réglementaire est en cours), le papier conserve une valeur juridique et symbolique forte.
Ensuite, le secteur de l’éducation, lui aussi, maintient une pratique intensive de l’impression. Que ce soit dans les établissements scolaires ou dans la formation professionnelle. Les nouvelles générations d’étudiants et de jeunes actifs n’ont pas grandi sans imprimante. Ils ont grandi avec l’imprimante comme outil parmi d’autres, qu’ils mobilisent selon les circonstances.
Enfin, la France est également un pays où la lecture sur support physique reste valorisée culturellement. Les chiffres de vente de livres papier se maintiennent à des niveaux solides, et la presse magazine connaît des reprises dans certains segments (premium, spécialisé, art de vivre).
Quelles implications pour les acteurs de l’impression en France ?
Les résultats de l’étude Quocirca invitent les acteurs du secteur à réviser plusieurs idées reçues dans leur stratégie commerciale et marketing :
- Ne pas segmenter uniquement par âge. Le vieux schéma « les seniors impriment, les jeunes ne le font pas » est caduc. Les messages valorisant l’impression comme outil de productivité, de crédibilité et d’impact doivent cibler toutes les tranches d’âge — y compris, et peut-être surtout, les décideurs IT de moins de 40 ans.
- Mettre en avant l’expérience d’impression. Les jeunes travailleurs ne veulent pas un périphérique, ils veulent un outil qui s’intègre naturellement dans leur flux de travail. La connectivité, la simplicité d’usage et les fonctionnalités intelligentes deviennent des arguments de vente différenciants.
- Positionner l’impression comme complément au numérique, pas comme son opposé. Dans une époque de défiance vis-à-vis des deepfakes et du contenu généré par IA, le document imprimé reprend une fonction de certification et d’ancrage dans le réel.
- Miser sur la renaissance du bureau. Avec le retour progressif au présentiel en France (partiellement ou totalement, selon les entreprises), l’environnement de bureau redevient un espace d’équipement prioritaire. Les jeunes salariés y cherchent des outils performants et modernes.
Seules 18 % des organisations dans le monde fonctionnent actuellement en environnement entièrement sans papier. La coexistence du print et du digital est une réalité durable — et les constructeurs membres du SNESSII, forts de leur expertise sur ces deux dimensions, sont bien positionnés pour accompagner cette évolution.
Ce que l'on retient : – La génération Z valorise l'impression davantage que les générations précédentes : 27 % contre 20 % estiment qu'elle sera très importante en 2030. – Le print n'est pas perçu comme archaïque par les jeunes : il est utilisé avec intention, comme marqueur de confiance et d'impact dans un environnement saturé de numérique. – En France, la culture administrative, éducative et littéraire renforce l'ancrage du papier dans les pratiques professionnelles. – Les acteurs du secteur ont tout intérêt à cibler les jeunes décideurs IT avec des arguments centrés sur l'expérience, l'intelligence et la complémentarité print-digital
* Source : Quocirca, « Print revival: Why younger generations aren’t abandoning print », étude Future of Work 2030, mars 2026
Le SNESSII, Syndicat National des Entreprises de Solutions et Systèmes d’Information et d’Impression, regroupe 13 acteurs internationaux du marché de l’impression et des services informatiques : BROTHER FRANCE | Canon France⎜Conibi⎜ Epson France⎜Konica Minolta Business Solutions France⎜KYOCERA Document Solutions France⎜OKI Europe Ltd⎜Rex-Rotary⎜Ricoh France⎜RISO FRANCE⎜Sharp Business Systems France⎜Toshiba Tec France⎜Xerox France. Le SNESSII est affilié à la FICIME (Fédération des entreprises internationales de la mécanique et de l’électronique).