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Impression et menace quantique : en 2026, le temps de l’anticipation est révolu

En août dernier, nous vous posions la question : la révolution quantique menace-t-elle la sécurité de vos imprimantes ? En mai 2026, la réponse est sans ambiguïté : oui, et les constructeurs ont déjà commencé à agir. La question n’est plus de savoir si cette menace est réelle. Il s’agit d’abord de comprendre ce que cela implique concrètement pour votre parc d’impression. Et ensuite savoir que vous devez anticiper dès aujourd’hui.

Le « Q-day » : un horizon qui se rapproche

L’informatique quantique promet des capacités de calcul sans commune mesure avec les systèmes actuels. Mais cette puissance a une face sombre. En effet, elle pourrait rendre obsolètes les protocoles de chiffrement asymétrique sur lesquels repose aujourd’hui l’essentiel de la sécurité numérique, y compris dans vos équipements d’impression.

Le scénario redouté s’appelle le « harvest now, decrypt later ». Des acteurs malveillants collectent dès maintenant des données chiffrées pour les déchiffrer dans quelques années, une fois les ordinateurs quantiques suffisamment puissants. Or une imprimante multifonction peut rester en service 8 à 10 ans. Si vous achetez ou louez du matériel aujourd’hui, il sera encore dans vos locaux au moment où ce risque deviendra concret. Ce n’est pas une prospective lointaine. Selon le rapport Print Industry Trends 2026 de Quocirca, deux tiers des décideurs IT considèrent désormais que se protéger contre les menaces quantiques est un enjeu important. Cette annéee marque un vrai point de bascule dans la disponibilité d’équipements et de logiciels conçus pour y résister.

Pourquoi les imprimantes sont particulièrement exposées ?

Une multifonction connectée n’est pas un périphérique passif. C’est un nœud réseau à part entière. Elle est doté d’un firmware, d’un BIOS, de certificats d’authentification et de flux de données chiffrés. Aussi, dans le cas où un attaquant parvient à compromettre l’intégrité du firmware via une mise à jour malveillante, il obtient un accès discret, persistant et difficile à détecter à l’ensemble du système d’information. C’est précisément sur ce vecteur que la cryptographie post-quantique (PQC) apporte une réponse.
Comment ? En s’appuyant sur les standards définis par le NIST (National Institute of Standards and Technology) depuis 2024.

Ce que font les constructeurs — et ce que vous pouvez en attendre

Les membres du SNESSII sont engagés dans cette transition. Canon et Ricoh, par exemple, ont d’ores et déjà commencé à intégrer les standards PQC du NIST dans leurs gammes entreprise. Quant à Xerox, reconnu pour la profondeur de son approche sécurité, il fait de la résilience face aux nouvelles menaces l’un des axes centraux de son positionnement. Enfin, Sharp, Konica Minolta, Toshiba et Brother figurent parmi les constructeurs analysés dans le Print Security Landscape de Quocirca, dont les éditions successives documentent cette montée en puissance des exigences.

La sécurité pilotée par l’intelligence artificielle va elle-même évoluer vers un mécanisme de défense proactif et embarqué à travers les parcs d’impression. L’objectif étant évidemment de contrer des cybermenaces qui utilisent désormais les mêmes technologies. La sécurité quantique et l’IA défensive avancent donc de pair.

Un point de vigilance néanmoins : les approches techniques varient selon les constructeurs. Certains optent pour des puces ASIC dédiées, très robustes mais peu évolutives. D’autres privilégient des architectures plus flexibles, capables d’être mises à jour par firmware à mesure que les standards PQC s’affinent. Lors de votre prochain renouvellement de parc, ces choix architecturaux méritent d’être posés explicitement à votre prestataire.

Ce que vous devez faire maintenant

Vous n’avez pas à remplacer immédiatement votre parc. Mais trois actions s’imposent dès aujourd’hui :

1. Auditer votre exposition. Quelle est l’ancienneté de vos équipements ? Quel est leur cycle de renouvellement prévu ? Un parc qui tourne encore dans 5 à 7 ans sera en service au moment où le risque quantique deviendra opérationnel.

2. Intégrer la résistance quantique dans vos critères d’achat. Comme la certification ISO 27001 ou le chiffrement TLS l’ont été avant elle, la PQC doit devenir un critère de sélection standard dans vos appels d’offres et vos contrats MPS.

3. Interroger vos prestataires. Les adhérents du SNESSII sont en mesure de vous conseiller sur la feuille de route sécurité de leurs gammes et sur les options de mise à jour disponibles pour vos équipements actuels.

En résumé

La menace quantique sur les parcs d’impression n’est plus un sujet de science-fiction ni un risque théorique à cinq ans. Les standards sont définis, les premiers équipements résistants sont disponibles, et le secteur entre en 2026 dans une phase d’accélération de la disponibilité et de l’adoption de ces solutions. Mieux vaut en tenir compte maintenant, au prochain renouvellement de contrat, plutôt que de devoir gérer une mise en conformité d’urgence dans deux ou trois ans.

Pour en savoir plus sur les solutions de sécurité proposées par les membres du SNESSII, consultez notre annuaire des adhérents.

Sources : Quocirca Print Industry Trends 2026, Print Security Landscape 2025, NIST Post-Quantum Cryptography Standards

Le SNESSII, Syndicat National des Entreprises de Solutions et Systèmes d’Information et d’Impression, regroupe 13 acteurs internationaux du marché de l’impression et des services informatiques : BROTHER FRANCE | Canon FranceConibiEpson FranceKonica Minolta Business Solutions FranceKYOCERA Document Solutions FranceOKI Europe LtdRex-RotaryRicoh FranceRISO FRANCESharp Business Systems FranceToshiba Tec FranceXerox France. 
Le SNESSII est affilié à la FICIME  (Fédération des entreprises internationales de la mécanique et de l’électronique).